Après 614 jours d’immobilisme, la Région de Bruxelles-Capitale dispose à nouveau d’un gouvernement de plein exercice. Une attente trop longue pour des Bruxellois qui attendent que leur voix se traduisent en politiques publiques concrètes.

La formation d’un gouvernement constitue une avancée indispensable. Dans toute démocratie, des élections doivent déboucher sur une capacité à gouverner. Le déficit démocratique qui pesait sur Bruxelles depuis plus d’un an et demi est enfin levé.

Restaurer la confiance entre les Bruxellois et le monde politique

Respect Brussels et WeAreBrussels se réjouissent de la sortie de l’impasse institutionnelle. Mais l’heure n’est pas à l’euphorie. Cette longue période de paralysie a laissé des traces. Des dossiers ont été suspendus, des investissements reportés et des organisations ont dû poursuivre leurs activités dans l’incertitude. La distance entre les citoyens et leurs représentants s’est creusée tandis que la confiance envers le politique a été fortement ébranlée et ne se rétablira pas d’elle-même.

Ce qui s’est produit ces 614 derniers jours ne peut plus jamais se reproduire. La crise n’était pas seulement politique. Elle a révélé des faiblesses structurelles dans le modèle institutionnel bruxellois. Lorsqu’un système se bloque sous pression, une réforme s’impose. La formation d’un nouveau gouvernement à elle seule ne suffit donc pas.

Associer pleinement les citoyens à la réforme de la Région

Nous plaidons pour une révision en profondeur des institutions bruxelloises, de la législation et du fonctionnement de notre démocratie. Dans notre manifeste, nous appelons à une Région plus transparente, plus efficace et plus démocratique. Mais une telle réforme ne peut être pensée uniquement du sommet vers la base.

Les citoyens doivent pouvoir participer, sur un pied d’égalité, à la définition et aux décisions concernant l’avenir de la Région de Bruxelles-Capitale. Non pas dans le cadre d’une consultation symbolique, mais comme partenaires à part entière du processus de réforme. Ce débat doit être mené de manière ouverte et inclusive, au-delà des seuls cercles politiques, car la crise de confiance est trop profonde pour être résolue à huis clos.

Bruxelles a besoin d’un projet d’avenir partagé, construit avec les citoyens, les fonctionnaires, les académiques, le tissu associatif et les entrepreneurs, au-delà des clivages linguistiques et partisans. La démocratie ne s’arrête pas dans l’isoloir: elle exige un engagement continu.